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Trop beau, trop belle.

Il y avait du sel sur ses lèvres,
Un peu de soleil dans ses rêves;
Allongée là les yeux mi-clos,
Goutant la chaleur sur sa peau;
Il n'y avait rien à comprendre,
Il y avait l'instant à prendre;
Le vent qui glisse sur les flots,
Le sable crisse sur sa peau.

Les longues pirogues rasent l'eau,
Comme une lame sur ta peau;
Les filets volent dans le ciel,
Emprisonnant des étincelles;
Et sous les palmes où rien ne bouge,
A l'ombre des cocotiers rouges,
On entend vieillir le silence,
Comme au fond d'une cave de France.

Un peu de soleil dans ses rêves;
C'était encore une petite fille,
Dans l'innocence de cette île;
Je ne sais si elle a grandie,
Tout là-bas dans son paradis;
Mais si la beauté vit encore,
Son coeur doit battre dans son corps.

Et j'ai imaginé l'instant
Qui défierait le temps.

Emmènes moi,
Au loin là-bas sur ton radeau,
Emmènes moi,
Couchés entre le ciel et l'eau,
Emmènes moi,
Dans le pays des rêves chauds,
Emmènes moi,
A moins que ce ne soit trop beau.


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© Dominique Vastra 2002